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Comment protéger son enfant face aux inconnus ? Les bons réflexes à lui apprendre

5 juin
10 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 jours

Petite fille tenant la main de deux adultes de confiance illustrant la protection de l'enfant, le dialogue familial et la prévention.
"Apprendre à son enfant à se protéger ne signifie pas lui transmettre la peur des autres, mais lui donner des repères simples pour reconnaître une situation inhabituelle, poser ses limites et demander de l'aide."

Protéger son enfant face aux inconnus ne consiste pas à lui apprendre à se méfier de tout le monde, mais à lui transmettre des repères simples pour reconnaître une situation inhabituelle et savoir comment réagir.

« Et si un monsieur que tu ne connais pas te propose des bonbons, tu fais quoi ? »

« Je dis non ! » La réponse paraît évidente. Et pendant longtemps, la prévention auprès des enfants s’est beaucoup construite autour de cette idée : « Ne parle pas aux inconnus. »

Pourtant, dans la vie quotidienne, un enfant devra parfois parler à une personne qu’il ne connaît pas. Un enseignant remplaçant. Un médecin. Un policier. Le parent d’un camarade.

Une vendeuse s’il s’est perdu dans un magasin.

À l’inverse, une situation inconfortable peut aussi impliquer une personne que l’enfant connaît déjà.

Alors, comment protéger son enfant face aux inconnus sans lui apprendre à avoir peur de tous les adultes ?

L’objectif n’est pas de lui faire croire que le monde est dangereux. Il est de lui transmettre progressivement des repères suffisamment simples pour qu’il sache :

  • reconnaître une situation qui le met mal à l’aise,

  • dire non,

  • s’éloigner,

  • et demander de l’aide.


Comment protéger son enfant face aux inconnus sans lui faire peur ?

La prévention doit être adaptée à l’âge de l’enfant. Un jeune enfant n’a pas besoin de connaître tous les dangers possibles. Il a besoin de quelques règles simples qu’il pourra mémoriser et utiliser.

Plutôt que : « Méfie-toi des inconnus. » nous pouvons progressivement lui apprendre : « Si quelque chose te fait peur, te gêne ou te paraît bizarre, tu peux t’éloigner et venir m’en parler. »

Cette différence est importante. Parce que l’enfant apprend alors à reconnaître une situation, et pas uniquement une catégorie de personnes.


Un inconnu n'est pas forcément dangereux… et une personne connue n'est pas forcément toujours sûre

C’est probablement l’un des messages les plus importants à transmettre aux parents. Nous pouvons naturellement avoir envie d’expliquer : « Fais attention aux inconnus. » Mais cette règle peut être trop simple. Un enfant pourrait en déduire : « Si je connais cette personne, alors je peux forcément lui faire confiance. » Il est donc plus utile de lui apprendre à repérer certains comportements. Par exemple :

  • un adulte lui demande de partir quelque part sans prévenir ses parents ;

  • lui demande de garder un secret qui l’inquiète ;

  • lui demande quelque chose qui le met mal à l’aise ;

insiste alors qu’il a dit non ; ou lui demande de désobéir à une règle de sécurité familiale.

Le repère devient alors : « Ce comportement n’est pas normal pour moi » plutôt que :

« Cette personne a l’air gentille, donc tout va bien. »


Apprendre à son enfant qu'il a le droit de dire non

Les enfants apprennent très tôt à respecter les adultes. Dire bonjour. Être poli. Écouter. Obéir.

Ces apprentissages sont importants. Mais un enfant doit également savoir qu’il existe des situations dans lesquelles sa sécurité passe avant la politesse. Il a le droit de dire : « Non. »

Il a le droit de ne pas vouloir suivre quelqu’un. Il a le droit de refuser un contact physique qui le met mal à l’aise. Il a le droit de s’éloigner. Et il a le droit d’aller chercher de l’aide. Même lorsqu’il s’agit d’un adulte.

L’autonomie corporelle — comprendre que son corps lui appartient — constitue d’ailleurs un axe important de prévention recommandé en pédiatrie.


🌿 Le petit exercice : « Que ferais-tu si… ? »

Plutôt que de faire un long discours sur les dangers, vous pouvez utiliser de petites situations du quotidien.

  • « Si tu te perds dans un magasin, que fais-tu ? »

  • « Si quelqu’un te demande de monter dans sa voiture sans que papa ou maman t’ait prévenu, que fais-tu ? »

  • « Si quelqu’un te demande de garder un secret qui te fait peur ? »

  • « Si un adulte insiste pour que tu fasses quelque chose que tu ne veux pas faire ? »

Laissez d’abord votre enfant répondre. Puis construisez ensemble une réponse simple.

Ces petits scénarios permettent de transformer une règle abstraite en réflexe concret. L’American Academy of Pediatrics recommande également d’apprendre aux enfants quoi faire lorsqu’une personne inconnue les approche et de leur permettre de s’entraîner à dire non, s’éloigner et demander de l’aide.


Identifier plusieurs adultes sûrs

Un enfant doit savoir vers qui se tourner lorsqu’il a besoin d’aide. Vous pouvez identifier ensemble plusieurs adultes sûrs dans son environnement :

  • ses parents ;

  • certains grands-parents ;

  • un enseignant ;

  • un professionnel de l’école ;

  • un membre de la famille ;

  • ou un autre adulte clairement identifié avec lui.

L’important est de ne pas simplement lui dire : « Parle à quelqu’un en qui tu as confiance. »

La notion de confiance peut être assez abstraite pour un enfant. Il est plus concret de l’aider à identifier des adultes sûrs : des personnes qui l’écoutent, respectent ses limites et peuvent l’aider lorsqu’il rencontre un problème. Cette évolution de vocabulaire est notamment recommandée par le NSPCC (National Society for the Prevention of Cruelty to Children).


🌱 Créer son petit cercle des adultes sûrs

Prenez une feuille. Demandez à votre enfant : « Si tu avais un problème et que je n’étais pas là, à qui pourrais-tu parler ? » Essayez d’identifier plusieurs personnes. L’objectif est important. Si l’enfant pense : « Je dois absolument parler à maman » mais que maman n’est pas disponible à ce moment-là, il doit savoir qu’il existe d’autres possibilités.

Vous pouvez revoir cette liste régulièrement, car les adultes présents dans sa vie évoluent avec le temps.


Les secrets qui mettent mal à l'aise ne doivent pas être gardés

Un enfant peut avoir du mal à comprendre la différence entre une surprise amusante et un secret inquiétant. Vous pouvez lui expliquer : Une surprise a une fin.

Par exemple : « Nous préparons un cadeau pour papa, mais nous lui dirons dimanche. »

À l’inverse, quelqu’un peut demander : « Tu ne dois jamais raconter ça. »

Si ce secret lui fait peur, le rend triste, le met mal à l’aise ou lui donne l’impression qu’il risque quelque chose s’il parle, il doit savoir qu’il peut le raconter.

Même si quelqu’un lui a dit : « Tu vas avoir des problèmes si tu le dis. »

Il est essentiel que l’enfant sache qu’il ne sera pas puni pour avoir parlé d’une situation qui l’a inquiété. Les recommandations de prévention insistent précisément sur cette distinction entre surprise et secret inquiétant et sur la nécessité de pouvoir parler à un adulte sûr.


Son corps lui appartient

La sécurité ne concerne pas uniquement le fait de suivre ou non un inconnu. Un enfant peut progressivement apprendre que : son corps lui appartient ; il peut exprimer son inconfort ; il peut dire non à un contact qu’il ne souhaite pas ; et il peut en parler si quelqu’un ne respecte pas ses limites.

Cela signifie également que nous pouvons, dans la vie quotidienne, respecter certains de ses refus. Par exemple, il n’est pas nécessaire de l’obliger à faire un bisou ou un câlin à un proche s’il n’en a pas envie. Cela lui apprend que son : « Non, je ne veux pas » peut être entendu.


« Écoute ton ressenti » mais donnons-lui aussi des règles concrètes

Dire : « Si tu ne le sens pas, pars » peut être utile. Mais un jeune enfant ne saura pas toujours identifier clairement ce qu’il ressent. Il est donc préférable d’associer les sensations à des règles concrètes. Par exemple :

  • « Si quelqu’un veut t’emmener quelque part alors que je ne t’ai pas prévenu, tu ne pars pas avec lui. »

  • « Si quelqu’un te demande quelque chose qui te fait peur ou te met mal à l’aise, tu peux dire non et chercher un adulte sûr. »

  • « Si quelqu’un te demande de garder un secret inquiétant, tu peux toujours venir m’en parler. »

Les émotions deviennent alors un signal parmi d’autres, et non l’unique outil de protection.


Et si quelqu'un dit : « Ta maman m'a demandé de venir te chercher » ?

Cette situation peut être travaillée à l’avance. Certaines familles utilisent par exemple un mot convenu connu uniquement de l’enfant et des personnes autorisées à venir le chercher.

Vous pouvez aussi établir une règle très simple : « Si quelqu’un que tu n’attendais pas vient te chercher, tu ne pars pas avec cette personne tant qu’un adulte responsable n’a pas confirmé. »

À l’école ou dans les activités, les procédures de sortie et les personnes autorisées doivent évidemment rester le premier cadre de sécurité.


Apprendre quoi faire s'il se perd

C’est une situation beaucoup plus concrète pour les jeunes enfants. Plutôt que :

« Ne parle jamais aux inconnus » (règle qui pourrait justement l’empêcher de demander de l’aide) apprenez-lui qui chercher.

Selon le lieu, cela peut être : un membre du personnel identifiable ; un agent de sécurité ; un policier ; une personne travaillant à une caisse ou un accueil ; ou un adulte accompagné d’enfants.

L’objectif est qu’il sache qu’en cas de problème, demander de l’aide à une personne appropriée est autorisé.


Encourager le dialogue au quotidien

La prévention ne se construit pas uniquement lors d’une grande conversation sur les dangers. Elle se construit dans les petites discussions ordinaires. Lorsque votre enfant raconte : « Quelqu’un m’a dit quelque chose de bizarre aujourd’hui. » Notre réaction compte. Si nous répondons immédiatement : « Mais pourquoi tu lui as parlé ? » ou :

« Je t’avais pourtant dit de faire attention ! » il peut retenir : « Quand je raconte quelque chose, je me fais gronder. »

Essayez plutôt : « Merci de me l’avoir raconté. »

Puis cherchez à comprendre ce qui s’est passé. Un enfant qui sait qu’il peut parler sans être immédiatement puni ou jugé aura davantage de raisons de revenir vers vous lorsqu’une situation l’inquiète.


Et si l'enfant raconte quelque chose de préoccupant ?

La première réaction de l’adulte est importante. Essayez autant que possible de rester disponible pour écouter. Évitez de lui faire porter la responsabilité de ce qui s’est passé.

Et ne lui promettez pas de garder pour vous une information s’il peut être en danger : certaines situations nécessitent l’intervention d’autres adultes ou professionnels capables de le protéger. Les recommandations de protection de l’enfance déconseillent également de promettre le secret lorsqu’un enfant révèle une situation préoccupante.


Protéger sans transmettre la peur du monde

C’est probablement l’équilibre le plus difficile. Nous voulons que nos enfants soient prudents. Mais nous voulons également qu’ils puissent : aller à l’école ; faire du sport ;

rencontrer des personnes ; devenir autonomes ; et découvrir progressivement le monde.

La prévention ne devrait donc pas transmettre : « Le monde est dangereux et tu dois avoir peur. » Mais plutôt : « La plupart du temps, tout va bien. Et si quelque chose te met mal à l’aise, tu sais quoi faire et tu peux toujours demander de l’aide. »


💗 La réflexion SPVCOACHING

Lorsque nous sommes parents, nous aimerions parfois pouvoir anticiper tous les dangers. Être là à chaque instant. Voir chaque situation. Empêcher chaque problème. Mais notre enfant va progressivement grandir et s’éloigner de notre regard. Nous ne pourrons pas être partout. Alors protéger, ce n’est peut-être pas seulement surveiller. C’est aussi transmettre.

Des mots. Des limites. Des réflexes. Des personnes vers lesquelles se tourner.

Et surtout cette certitude : « Si quelque chose m’arrive ou me met mal à l’aise, je peux en parler. » Parce qu’un enfant qui sait qu’il sera écouté n’a pas besoin de gérer seul une situation qu’il ne comprend pas.


❓ Questions fréquentes :


  • Comment protéger son enfant face aux inconnus ?

    En lui transmettant quelques règles simples adaptées à son âge : ne pas partir avec une personne sans autorisation, savoir dire non et s’éloigner lorsqu’une situation le met mal à l’aise, identifier plusieurs adultes sûrs et savoir qu’il peut toujours parler d’une situation inquiétante.

  • Faut-il apprendre à son enfant à ne jamais parler aux inconnus ?

    Une règle aussi absolue peut être difficile à appliquer, notamment si l’enfant se perd et doit demander de l’aide. Il est préférable de lui apprendre à reconnaître certaines situations et à identifier les personnes appropriées vers lesquelles se tourner.

  • Mon enfant doit-il toujours obéir aux adultes ?

    Non. Il doit comprendre que sa sécurité et ses limites corporelles passent avant l’obéissance. Il peut dire non, s’éloigner et demander de l’aide lorsqu’une situation le met mal à l’aise ou lui paraît dangereuse.

  • À partir de quel âge peut-on parler de sécurité ?

    Ces apprentissages peuvent commencer très tôt avec des règles extrêmement simples et évoluer avec l’âge de l’enfant. Il n’est pas nécessaire d’entrer dans des explications anxiogènes pour enseigner qu’il existe des limites et des personnes vers lesquelles se tourner.

  • Comment lui parler des secrets ?

    Vous pouvez distinguer une surprise, qui sera révélée, d’un secret qui lui fait peur ou le met mal à l’aise. Il doit savoir qu’un secret inquiétant peut toujours être raconté à un adulte sûr et qu’il ne sera pas puni pour avoir parlé.

  • Comment éviter de lui transmettre mes propres peurs ?

    Privilégiez quelques règles concrètes plutôt que de dresser une longue liste de dangers. Répétez-les naturellement dans la vie quotidienne et utilisez de petites mises en situation plutôt que des scénarios effrayants.


📚 Pour aller plus loin

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💗 Vous vous reconnaissez dans cet article ?

Peut-être avez-vous envie de parler de sécurité avec votre enfant mais craignez de l’angoisser. Peut-être vous demandez-vous quels mots employer selon son âge. Ou peut-être certaines situations ont-elles déjà soulevé des questions dans votre famille. Un accompagnement familial peut notamment permettre de travailler sur :

  • la communication parent-enfant ;

  • la capacité à exprimer ses limites ;

  • la confiance ;

  • la manière d’aborder certaines questions délicates ;

  • les peurs parentales ;

  • et la création d’un dialogue suffisamment sécurisant pour que l’enfant sache qu’il peut parler.

L’objectif n’est pas de faire grandir un enfant qui se méfie de tout le monde.

Il est de l’aider progressivement à devenir un enfant capable d’identifier ses limites, de demander de l’aide et de savoir qu’il sera écouté.

🌿 Accompagnement exclusivement en visio, en français, où que vous soyez.

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✨ Citation de fin


« Protéger un enfant, ce n’est pas lui apprendre à avoir peur du monde. C’est lui donner des repères pour savoir quoi faire lorsqu’une situation ne lui semble pas sûre. »


🌿 SPVCOACHING

Psychopraticienne certifiée – Thérapeute de couple – Coach certifiée

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