Pourquoi les périodes de changement nous déstabilisent-elles autant ?

Changer de travail. Déménager. Voir ses enfants quitter la maison. Se séparer. Prendre sa retraite. Reprendre une activité après une longue pause. Commencer une nouvelle relation. Traverser une maladie. Se reconvertir.
Certains changements sont choisis. D'autres nous sont imposés.
Certains sont même profondément désirés.
Et pourtant, ils peuvent tous provoquer la même sensation étrange : celle de ne plus vraiment savoir où l'on en est.
On pensait être heureux de commencer cette nouvelle étape… mais on se sent inquiet.
On attendait ce changement depuis des mois… mais l'ancien nous manque.
On sait que l'on doit avancer… mais une partie de nous voudrait revenir en arrière.
Pourquoi les périodes de changement peuvent-elles être aussi déstabilisantes, même lorsqu'elles annoncent quelque chose de positif ?
Parce que changer ne consiste pas seulement à commencer quelque chose de nouveau.
Cela implique aussi de quitter quelque chose que nous connaissions.
Même des périodes de changement positif peuvent provoquer de l'anxiété
Nous associons souvent l'anxiété aux événements difficiles.
Pourtant, notre cerveau ne classe pas uniquement les situations en deux catégories : bonnes ou mauvaises.
Il cherche aussi à savoir si elles sont prévisibles.
Ce que nous connaissons nous donne des repères.
Nos habitudes, notre environnement, nos relations et nos routines créent une forme de sécurité.
Lorsqu'une partie de cet équilibre change, nous devons construire de nouveaux repères.
C'est pourquoi une promotion, un déménagement souhaité, une nouvelle relation ou même un départ à la retraite attendu peuvent provoquer simultanément :
de la joie ;
de l'excitation ;
de l'appréhension ;
de la nostalgie ;
des doutes.
Ces émotions ne sont pas contradictoires.
Elles peuvent parfaitement coexister.
Toute transition comporte une forme de perte
C'est une dimension dont on parle assez peu.
Pour accueillir une nouvelle étape, il faut souvent renoncer à quelque chose de l'ancienne.
Changer de métier peut signifier quitter des collègues, un statut ou une identité professionnelle.
Devenir parent transforme une liberté et un quotidien que l'on connaissait.
Voir ses enfants devenir autonomes peut apporter de la fierté tout en laissant un sentiment de vide.
Prendre sa retraite peut être attendu depuis des années et pourtant bouleverser profondément les repères.
Même lorsqu'une transition est heureuse, il peut donc exister une forme de deuil symbolique.
Reconnaître ce que l'on quitte permet souvent de mieux accueillir ce qui commence.
« Pourtant, c'est ce que je voulais… »
Cette phrase revient souvent.
Vous avez obtenu le poste que vous espériez.
Vous avez enfin quitté une situation qui ne vous convenait plus.
Vous avez pris une décision importante.
Et maintenant que le changement est là, vous doutez.
Alors la culpabilité apparaît :
« Je devrais être heureux. »
« Je l'ai choisi, alors pourquoi est-ce que je me sens comme ça ? »
Parce que vouloir un changement ne signifie pas être immédiatement à l'aise avec tout ce qu'il implique.
Une bonne décision peut aussi être inconfortable.
Le changement peut aussi bousculer notre identité
Nous nous définissons en partie à travers nos rôles.
Je suis manager.
Je suis mère de jeunes enfants.
Je suis marié.
Je travaille dans cette entreprise.
Je vis dans cette ville.
Lorsque ces éléments changent, une question peut apparaître :
« Et maintenant, qui suis-je ? »
C'est particulièrement fréquent lors des grandes transitions professionnelles ou personnelles.
Il ne s'agit pas forcément de retrouver exactement la personne que nous étions.
Il s'agit parfois de découvrir celle que nous sommes en train de devenir.
Pourquoi avons-nous parfois envie de revenir en arrière ?
Au début d'une transition, l'ancien monde possède un avantage considérable :
nous le connaissons.
Le nouveau, lui, reste rempli d'incertitudes.
Notre cerveau peut alors idéaliser ce que nous venons de quitter.
Nous oublions progressivement ce qui nous dérangeait et nous nous souvenons surtout de ce qui nous rassurait.
Cette nostalgie ne signifie pas nécessairement que nous avons fait le mauvais choix.
Elle peut simplement traduire un besoin de sécurité.
Comment traverser une période de changement plus sereinement ?
Il n'est pas nécessaire d'avoir immédiatement toutes les réponses.
Pendant une transition, essayez plutôt de vous demander :
Qu'est-ce qui reste stable dans ma vie ?
Conservez quelques routines rassurantes.
Autorisez-vous également à ressentir des émotions contradictoires sans chercher immédiatement à les supprimer.
Et surtout, évitez de vous imposer :
« Maintenant que j'ai changé, je dois aller bien. »
Une transition possède son propre rythme.
Ne pas confondre inconfort et mauvaise décision
C'est peut-être l'un des pièges les plus importants.
Lorsqu'une nouvelle situation nous déstabilise, nous pouvons penser :
« Si je me sens mal, c'est que je me suis trompé. »
Pas forcément.
Il existe une différence entre être en difficulté parce qu'une situation ne nous convient pas et être inconfortable parce que nous sommes encore en train de nous y adapter.
Se donner un peu de temps permet souvent de mieux distinguer les deux.
🌿 La réflexion spvcoaching
Nous cherchons parfois à traverser les changements le plus rapidement possible.
Comme s'il fallait immédiatement tourner la page.
Mais une transition n'est pas un simple passage entre un « avant » et un « après ».
C'est un espace à part entière.
Un moment pendant lequel nos anciens repères disparaissent progressivement alors que les nouveaux ne sont pas encore totalement construits.
💚 Peut-être que vous n'avez pas besoin de savoir immédiatement où vous allez. Peut-être avez-vous simplement besoin de vous autoriser à avancer pendant quelque temps entre ce qui n'est plus… et ce qui n'est pas encore.
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❓ Questions fréquentes :
Est-il normal d'être anxieux face à un changement positif ?
Oui. Un événement heureux peut modifier vos habitudes et vos repères. L'appréhension ne signifie donc pas nécessairement que vous ne souhaitez pas ce changement.
Pourquoi est-ce que mon ancienne vie me manque alors que je voulais changer ?
Parce que l'ancien représente aussi ce qui était connu et prévisible. La nostalgie peut faire partie du processus d'adaptation.
Combien de temps faut-il pour s'adapter à un changement ?
Il n'existe pas de durée universelle. Elle dépend de l'importance du changement, de votre situation et des ressources dont vous disposez.
Comment savoir si j'ai pris la mauvaise décision ?
Essayez de distinguer l'inconfort lié à l'adaptation d'un mal-être durable lié à la situation elle-même. Avec un peu de temps et de recul, cette différence devient souvent plus perceptible.
Peut-on avoir besoin d'aide pendant une transition ?
Oui. Lorsque le changement provoque une anxiété importante, une perte de repères persistante ou vous empêche d'avancer, être accompagné peut aider à comprendre ce qui se joue et à reconstruire progressivement un nouvel équilibre.
💚 Vous vous reconnaissez dans cet article ?
Vous traversez peut-être un changement que vous avez choisi et pourtant, depuis qu’il est devenu réel, vous doutez de tout.
« Est-ce que j’ai fait le bon choix ? »
« Pourquoi mon ancienne vie me manque-t-elle autant ? »
« Pourquoi est-ce que je ne me sens pas mieux alors que c’est ce que je voulais ? »
« Et maintenant… qui suis-je ? »
Ou peut-être n’avez-vous rien choisi du tout.
Une séparation, une maladie, une perte d’emploi, le départ d’un enfant ou un autre bouleversement vous a placé(e) dans une vie que vous n’aviez pas imaginée.
Dans les deux cas, une même sensation peut apparaître :
« Je ne sais plus très bien où est ma place. »
Comprendre qu’une transition peut provoquer de la peur, de la nostalgie ou une perte de repères est déjà important.
Mais parfois, comprendre ce qui nous arrive ne suffit pas à savoir comment avancer.
🌿 C’est là qu’un accompagnement peut aller plus loin que cet article.
En séance, nous pouvons prendre le temps de regarder ensemble ce que vous êtes en train de quitter, ce que vous souhaitez préserver et ce que vous êtes progressivement en train de construire.
Nous pouvons aussi essayer de démêler une question particulièrement difficile :
« Est-ce que cette nouvelle situation ne me convient réellement pas… ou est-ce l’incertitude du changement qui me donne envie de revenir en arrière ? »
L’objectif n’est pas de décider à votre place.
Ni de vous pousser à « tourner la page » plus rapidement.
C’est au contraire de vous offrir un espace pour traverser cet entre-deux, retrouver des points d’appui et faire émerger progressivement ce qui a du sens pour vous aujourd’hui.
Parce qu’une transition n’exige pas forcément de savoir immédiatement qui vous allez devenir.
Parfois, le premier travail consiste simplement à retrouver suffisamment de sécurité pour pouvoir avancer sans avoir toutes les réponses.
💗 Vous êtes entre un « avant » qui n’existe plus tout à fait et un « après » que vous n’arrivez pas encore à imaginer ?
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✨ Citation de fin
« Entre la personne que vous étiez et celle que vous devenez, il existe parfois une période d'incertitude. Elle ne signifie pas que vous êtes perdu : elle signifie que vous êtes en transition. »
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